Container
Vendredi 23 mars, il est 10 heures, le camion vient de récupérer des palettes stockées chez mes voisins (fauteuils roulants, panneaux solaires et ballons sauteurs), et arrive dans la cour de la maison, où il y est déposé. Le barnum est monté pour accueillir le pique-nique, la route est sécurisée et les panneaux d’indication installés pour guider les gens jusqu’à la maison. Tout semble prêt pour le jour du chargement.
Samedi 24 mars, il est 9 heures, les gens arrivent et se garent dans le champ, une foule prête à charger 80m3 de cartons, mobiliers et autres marchandises. Le mot d’ordre est : chasser le vide par tous les moyens, dépasser l’impossible en chargeant tout ce que nous pouvons.
La marchandise stockée dans les granges est approchée du container et regroupée par structure. Nous avons bien 120m3 de marchandises en stock. Comme tout ne pourra pas être chargé, les représentants des deux associations prennent la décision d’isoler les articles les moins prioritaires pour n’en charger qu’une quantité limitée. Le tri est fait en connaissance des besoins des structures. Nous ferons partir ce qui restera dans un prochain container, peut-être dès l’automne !
Nous commençons par charger les lits pour la crèche Hybiscus, en les empilant au fond du container, et à monter les matelas que nous utilisons pour protéger les 63 panneaux solaires. Une cuve à eau d’1m3, destinée à l’école Jule Verne est chargée. Nous décidons de la remplir de vêtements. La première armoire est montée dans le container, coincée au fond contre les lits. Nous y mettons des cartons de petites tailles, sans laisser la moindre place au vide. Cela prend du temps, mais le résultat est à la hauteur. Entre les matelas, nous insérons des règles de maître d’école, des ramettes de papier, tout ce qui peut s’y mettre, jusqu’à toucher le plafond.
Félicitation à tous pour vos cartons. Ils sont petits, solides et pas trop lourds. Nous avons pu les insérer partout, même là où la place était très limite. Ils nous ont permis de monter des murs de cartons qui se tiennent et qui ne s’écroulent pas sous le poids de leur contenu. Un grand merci, car je sais que cela vous a demandé un travail important. Grâce à vos cartons, nous n’avons laissé que très peu de place au vide, et viser l’impossible en cherchant à tout charger, mettre 80m3 dans 60m3 !
13 heures, c’est l’heure de la pause, du piquenique et du verre de l’amitié. A peine 1/3 du container est rempli, et il y a encore beaucoup de marchandises en bas qui attendent. La tâche semble longue à mener, au grand dam de ceux qui montent la marchandise dans le container. Pourtant, rassurez-vous, le container se charge et se charge même très bien. Nous devrions atteindre l’objectif. La fatigue commence à se faire sentir, les traits sont tirés sur les visages, mais la gaieté est bien là ; la pause est bien méritée. Une première personne se lève et s’avance vers le container ; petit à petit le chargement reprend. Juste un petit café avant les efforts.
Il est 17 heures, nous sommes arrivés au dernier tiers. Tout ne rentrera pas dans le container. La décision est prise de ranger de la marchandise dans les granges, pour le prochain container. Les articles prioritaires sont chargés dans le container (nourriture, médicaments, hygiène, fournitures scolaires) ; les vêtements attendront, ainsi que certain bureaux d’écoles.
18 heures, le chargement n’est pas terminé, et surprise, il reste toujours de la place dans le container. Vos cartons font merveilles, et nous arrivons encore à serrer la marchandise en laissant de la place pour d’autres. Il nous faut encore des cartons ; demi-tour, il faut retourner en chercher dans les granges.
19 heures, nous arrivons aux portes du container. En équilibre sur une échelle, nous continuons à charger, quitte à maintenir avec le manche d’un balai, les cartons qui ne demandent qu’à tomber. Sûr, ils seront les premiers à tomber dès l’ouverture des portes ; pauvres douaniers !
Nous prenons une photo de groupe ; nous aurions dû la faire à midi, car plusieurs sont partis dans l’après-midi. Nous avons oublié notre fatigue et la repoussons à plus tard. Il reste le plomb à poser sur la porte pour terminer le chargement ; plomb qui assure, que la porte ne peut être ouverte avant d’arrivée en Haïti.
Lundi 26 mars, 8 heures, Raphaël, mon petit garçon, assit sur le siège conducteur du camion, klaxonne à tout va. Le container est prêt à partir.
Fin d’après-midi, le container arrive sur les docks du port du Havres. Il attend désormais d’être gruté sur un porte container, qui l’emmènera jusqu’en Haïti via une escale à Algesiras. La date du départ était prévue initialement pour le 30 mars, mais elle vient d’être repoussée au 10 avril. Nous attendons la confirmation, et d’ici là, le départ peut encore être décalé.
Les documents (douanes, marine marchande) ont été remis aux différents services administratifs et portuaires.
Il nous reste à souhaiter à Joël GOUY et à toute son équipe, un bon courage pour acheminer le container jusqu’à l’école et le décharger.
Merci à vous tous.
Alain et Laurence DUBREIL.