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Ecole du Bon Berger

Ecole du Bon Berger

Le bidonville de Canapé Vert est situé à l’est de Port au Prince sur l’un des versants d’une colline qui borne la ville, le morne de l’Hôpital. C’est un entassement anarchique de constructions sommaires posées comme des dominos sur les flancs instables du morne. Des passages étroits parfois cimentés, mais le plus souvent boueux et insalubres sillonnent le dédale de cahutes. Les glissements de terrain y sont fréquents durant la saison des pluies, ils emportent des maisons et font de nombreux morts. Il n’y a pas d’assainissement, pas d’eau courante ni électricité, à l’exception de réseaux sauvages faits de câbles raboutés. Il n’y a pas d’accès possible en voiture dans le cœur du bidonville. Mais ces terrains occupés illégalement sont les seules solutions trouvées par des populations pauvres à la recherche de petits travails dans la capitale.

Les pentes raides du bidonville ont été durement touchées par le séisme du 12 janvier 2010, beaucoup de constructions s’étant effondrées les unes sur les autres. Les familles se sont entassées sous des bâches au milieu des ruines.

L’aide s’est mise en place. Quelques latrines ont été installées en périphérie du quartier, des citernes d’eau avec des rangées de robinets distribuent de l’eau potable. Les habitants s’organisent pour reconstruire.

C’est au milieu de ce quartier que se situe l’école Bon Berger. Elle permet aux enfants pauvres du bidonville d’être scolarisés localement des classes maternelles au certificat d’étude. Sans elle, ces enfants ne recevraient pas d’enseignement car leurs familles ne pourraient pas supporter les frais de scolarités des écoles de Port-au-Prince.

L’école a été détruite pendant le séisme, les murs sont tombés et le peu d’équipement dont elle disposait a été volé. Un groupe de 4 jeunes adultes du quartier qu’Agir pour l’Enfant connaît depuis longtemps, pour les avoir soutenus au travers de parrainages, s’est organisé pour reprendre l’école en main et la faire revivre.


Les jeunes se sont donc constitués en un comité de direction : Pascal, le directeur ; Joël, l’économe ; Eddy, le censeur et Stéphanie, la secrétaire. Une fédération rassemble les parents d’élèves qui élisent un représentant participant aux décisions. 8 enseignants, plus moins qualifiés, assure les cours de la maternelle au CM2 (6éme année fondamentale en Haïti qui est conduit au Certificat d’Etude ouvrant les portes du collège) en 2 temps. En effet, l’école scolarise environ 350 élèves, les classes sont donc dédoublées avec un groupe le matin et un groupe l’après-midi.

L’école a du mal à obtenir l’aide des ONG, car elle est située au milieu du bidonville, on ne peut y accéder en voiture ce qui rend difficile la mise en œuvre des moyens logistiques de ces organisations. Les ONG souhaiteraient plutôt que les enfants rejoignent les écoles situées à l’extérieur du bidonville, mais le risque est grand que la plupart des familles n’y envoie pas leur enfants. Le pari de ces jeunes haïtiens est que seule une école de proximité peut donner une chance aux enfants de ce quartier.

C’est ce qui a conduit Agir pour l’Enfant à soutenir cette école en aidant tout d’abord à la reconstruction.

Les gravats ont été évacués et les cours ont pu reprendre sous des bâches au mois de juin après le séisme, malgré des conditions très précaires. Les premiers résultats sont encourageants, la quasi-totalité des élèves présentés au certificat d’étude en 2010 ont obtenu leur diplôme.

Des travaux ont été entrepris pour la rentrée d’octobre 2010 : les salles de classes qui n’étaient que des terre-pleins à ciel ouvert après le séisme, ont été couvertes en tôles ondulées. Les pupitres ont été réparés et quelques livres ont été achetés. Les travaux sont réalisés par le « comité de direction » qui passe plus de temps à des tâches pratiques qu’à des tâches de direction.

L’infrastructure se met en place, mais l’équilibre financier de fonctionnement est difficile à trouver.


Les frais de scolarité sont de 150 Gourdes par mois (2,50€) plus 110 $ Haïtien par an (550 Gourdes soit 9,75€). La masse salariale imaginée par les jeunes est actuellement de 6500 Gourdes par mois pour les 12 salaires (8 enseignants à 700 Gourdes – 12,50€ + les 4 membres du comité de direction qui perçoivent une petite indemnité), soit une balance à environ 50 élèves payants. Cependant, le livre de compte montre que bien peu d’élèves paient et qu’un bon mois a donné 2800 Gourdes de recette ! De plus, les salaires versés sont trop faibles pour offrir le salaire auquel peut prétendre un instituteur diplômé.

 

Septembre 2010 : Cette petite école (350 élèves en 2 temps, 8 enseignants) est située au milieu du bidonville de Canapé Vert et de ce fait a du mal à recevoir l’aide des ONG (pas d’accès en voiture) malgré sa situation très proche du centre ville.

Ce bidonville construit à flanc de montagne avec aussi peu de moyens que de fondations a été en grande partie détruit par le séisme. Les difficultés d’accès font que de nombreux bâtiments ne seront pas reconstruits.

En mai, alors que je retrouvais sur le site de la pension de famille qui nous a hébergés ces 15 dernières années, j’ai rencontré Joël et Pascal qui m’ont emmené visiter leur école. 

Sur 3 bâtiments, un seul était encore debout avec une grande fissure sur sa dalle. Ce qui m’a frappé à cette période où les bâtiments écroulés n’avaient pas été déblayés c’est qu’avec l’aide des instituteurs, ils avaient fait place nette pour accueillir les élèves assis sur des bancs dont l’assise en bois avait été volée juste après le séisme. Pour seul toit et mur, de grandes bâches (prélats) avaient été tendues, financées sur sa cassette personnelle par Pascal le directeur.

Cette école est importante, car elle permet de scolariser les jeunes vivant alentour. Les moyens sont rudimentaires, mais la volonté des enseignants et animateurs est forte.

De combien avez-vous besoin pour remettre cette école en marche ?

Je laisse un premier chèque de 3 000 US$.

En octobre lorsque nous arrivons je suis de nouveau étonné du travail effectué avec nos 3 000 premiers US$ dont l’utilisation m’est entièrement justifiée. Le professeur de CM2 me présente avec fierté les excellents résultats obtenus au certificat d’études : 1 seul refusé (et encore il était de l’après-midi).


Nous avons alors remis à Pascal et Joël un nouveau chèque de 3 137 US$ sur la base d’un devis détaillé pour qu’ils puissent achever de couvrir les salles de classe de tôles et refaire des pupitres. L’argent remis le jeudi est déjà utilisé le lundi suivant. Lors de notre départ, les « feuilles de tôle » très minces étaient clouées sur les « bois » et des planches arrivaient à dos d’hommes pour réparer les bancs.


Ils m’ont fait part de leur souhait d’acheter 10 livres de calcul et de français par classe de niveau, car cela permet aux élèves n’ayant pas l’argent nécessaire de suivre en classe.

Le coût est de 40 H$ soit 4 € par livre, 80 € par classe, et 480 € pour les 6 classes hors maternelles. L’école a aussi besoin de tableaux ou de peinture tableau (dans ce cas, il faudra sans doute prévoir l’enduit préalable à la peinture).

Joël me montre les cahiers de comptes et je constate que depuis le séisme moins d’un élève sur deux a payé son écolage.

Pour aider cette école, nous recherchons des écoles ou des instituteurs qui accepteraient de prendre en charge tous les mois le salaire d’un des 8 professeurs. 120 € par mois à 4 cela doit être Aout 2011

Aout 2011  La nouvelle vient de tomber, 100 % des 41 élèves qui ont été présentés par l’école Bon Berger au certificat d’études ont été diplômés.

Quand on prend la décision d’aider une structure dans laquelle, il n’y a plus rien, on s’interroge sur l’efficacité que va avoir l’action. L’an dernier le taux de réussite à 100 % nous semblait pouvoir être généreux, mais le renouvellement en 2011 montre que la volonté d’une poignée de jeunes haïtiens peut faire des miracles.

En mai avec Bernadette, lorsque nous avons visité cette école, nous avons pu constater le sérieux des professeurs de CM1 et CM2. Sous les mêmes tôles, les 2 classes sont partagées par une bâche tendue au milieu de la « pièce », les élèves sont tassés sur les bancs les uns contre les autres avec à peine assez de place pour ouvrir leur cahier. Nous ouvrons quelques cahiers qui se révèlent être bien tenus. Nous restons le temps d’entendre le début d’une leçon, le maitre doit élever la voix pour couvrir le capharnaüm ambiant du bidonville et le bruit des autres classes ….

En accord avec Pascal le directeur nous allons mettre en relation chaque classe avec ceux qui acceptent, à travers Agir, de financer, dans un premier temps le salaire des professeurs, mais également si possible des extras, livres scolaires, planches pédagogiques….  Il est nécessaire que ce financement reste discret en Haïti, pour que les parents donnent toujours un « écolage » même de faible valeur. 

En septembre lors de notre prochain voyage nous mettrons en place les premiers parrainages avec ceux qui se seront déclarés.

Avec 20 euros, 30 ou …., vous pouvez aider à prendre en charge une des écoles les plus démunies de Port au Prince, mais également très efficace alors ……

Par ailleurs, les prochains travaux que nous voudrions financer, ce sont des toilettes, pour 350 élèves …, cela semble indispensable. En l’absence d’évacuation naturelle, comment réaliser cet exploit : les idées seraient les bien venues …

 

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